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REGISTRES D
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biens saisiz. Et depuis, a esté advisé que lad. remons­trance et plaincte sera renvoiée par devant mons' le Prevost de Paris ou son Lieutenant criminel, pour sur icelle estre pourveu ainsi que de raison.
Dubois. Sur la plaincte faicte par Philippes Dubois, com­missaire des quaiz de lad.Ville, de ce que faisant le deu de sa commission en la rue de la Buscherie, est venu à luy ung personnage dont il ne scet le nom, qui luy a faict plusieurs menasses, de façon qu'il l'a mis àla fureur du peuple pour estre saccagé. Et sur ce est arrivé Jehan Gossu, capitaine, qui luy a bien ayde et secouru. Et à l'instant est comparu aud. Bureau led. Gossu, [lequel a dit] que c'estoit ung nommé Georges Daluy, l'un des caporaulx de sa Dixaine, demourant en lad. rue de la Buscherie à l'enseigne des Maretz, qui avoit querellé avecq led. Dubois f'2'.
sons deffences de plus porter armes sans permission de sond, cappitaine, et condanné es fraiz taxez à xl solz parisis.
Gossu.
Led. jour de relevée, Jehan Gossu, l'un des cap­pitaines de ceste Ville, a remonstré aud. Bureau que, le jour d'hier, il cuydda advenir sédition et meurtre en son quartier par le moien d'un garson savetier et autres ses compaignons, demourant au logis d'un savetier nommé Toussains demourant rue Savaterie'1' devant ung coustellier, lequel pour­suivit ung marchant de Tours depuis lad. Savaterie jusques à Petit Pont, criant : au huguenot, luy jectant pierres, et n'eust esté que led. marchant se saulva en une maison, il eust esté saccagé, ainsy qu'il sera Veriffyé par tesmoins; a esté ordonné que comman­dement sera faict aud. Toussains de admener ceans sond, serviteur presentement, alias et ù faulte de ce faire, sera luy mesmes admené prisonnier, et ses
CCCXC. Lettres de la Royne.
6 juillet i563. (Fol. 207 v°.)
«Messieurs, j'ay sceu par vostre lettre du deu­xiesme de ce mois le nouvel inconvenient advenu à ce pauvre appoticaire'3', dont je ne fais doubte qu'il ne vous desplaise comme à moy mesme, mais sy ne puis-je me garder de vous dire que telle chose sont de grande consequence et trayuent grand danger pour la dureté et oppiniaslreté que les villes occup-pées fondent sur telles cruaultez et peu d'obeissance qui est rendue au Roy monsrmon filz et à sa justice; pour de quoy leur lever toute occasion, j'auroys à grand plaisir quelque exemple et demonstration des coulpablés deces maulx là sy exprès,à quoy je vous prye tenir la main, et que l'on ne s'excuse point sur le Lieutenant criminel, auquel je mande m'envoyer sa procuration, en luy faisant payer ce qu'il a baillé de l'office, pour la mettre ,en autre bonne main, et que l'on face juger telles gens par la Court de Par­lement, affin que cella ne demeure pas impugny,
de craincte que Dieu ne se courouce encores plus contre nous qu'il n'est, et je ne desire rien plus que l'obeissance au Roy, mond, filz, avecq le repos et con­tentement parmy ses subjeetz; vous estes des prin­cipaulx, pour l'honneur de Dieu, monstrez en cela l'effect de la bonne vollonté que vous y avez, et pourvoyez que telles choses n'aviennent plus, s'il est possible.
«Priant Dieu, Messieurs, vous donner ce que desirez.
"De Gaillon, le vie jour de Juillet mil cinq cens soixante trois., n
Signé : CATHERINE.
El au dessoubz : de L'Aubespine.
Et au dessus desd, lettres est escript : A Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris.
O La rue do la Saveterie, dans la Cité, allait de la rue de la Calandre à la rue de la Vieille-Draperie; elle prit plus tard le nom de rue Saint-Eloy.
(2)   Cf. également le Registre Z 68a6, fol. n4 r°.
(3)   Les Registres du Parlement ne contiennent aucune mention relativement à l'aventure de ce pauvre apothicaire, probablement huguenot, dont parle la Reine-Mère en tète de celte missive qui est reproduite dans le recueil des Lettres de Catherine de Médicis, 1. II, page 414.